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Contenu: J.-P. Gardelle
Mise en page: Gejiem


Pâque

La fête de la Pâque est probablement la combinaison de deux fêtes très anciennes.

La première est une fête de bergers nomades remontant probablement à avant Moïse. C'est une fête de reconnaissance à Dieu qui donne la vie et la puissance de procréer, au cours de laquelle on offre à Dieu les prémices du troupeau, qui appelle la protection de Dieu sur les troupeaux. Parmi les rites de cette journée il y a celui de l'aspersion du sang: on trempait une poignée d'hysope dans le sang d'une bête sacrifiée, on enduisait ensuite le linteau et les montants de la porte de la demeure, cérémonie de protection de ceux qui sont dans la maison.

La seconde est une fête agraire, donc de sédentaires, qui avait lieu au commencement de la moisson, donc à date variable. On fabriquait des galettes avec le blé nouveau pour les offrir aux divinités. Quand Israël est arrivé en Canaan, il a adopté cette seconde fête qui se célébrait à la même époque que la première.

Au VIIe siècle, l'union des deux fêtes est réalisée: c'est la fête de la Pâque, elle a lieu au mois d'Abib (qui deviendra plus tard le mois de Nisan) à Jérusalem, et l'on y offre un sacrifice animal . . . pas forcément un agneau ! ( voir Deut 16, 2)

Au retour de l'Exil, les rites se précisent: il fallait aller à Jérusalem, pour une semaine de fête qui commençait par un repas pris en tenue de voyage le 14 Nisan, et fait d'un agneau rôti accompagné d'herbes amères et de pain sans levain. Le linteau et les montants de la porte sont marqués du sang de l'agneau.

Au temps de Jésus, cette fête de Pâques était célébrée à Jérusalem, en partie dans le temple (sacrifice) et en partie à la "maison" (repas) que l'on a pu trouver dans la capitale ou les environs proches.

 

Pâques aujourd'hui

Lors de la célébration familiale du "séder" (ordre, déroulement) de pâques dans le judaïsme, le plus jeune présent est invité à poser quatre questions rituelles, commençant par : "En quoi cette nuit est-elle différente de toutes les autres nuits ?". Ces questions sont relatives aux différences entre le repas de pâques et les autres repas : sur le pain azyme (c'est à dire sans levain) ; sur les herbes amères ; sur la manière d'assaisonner les légumes, et d'être accoudés à table.

Ces questions ont pour but de permettre au père de famille d'accomplir le commandement biblique lui enjoignant de raconter à son fils la libération d'Israël de l'esclavage en Egypte (Exode 13, 8 : "En ce jour-là, tu expliqueras à ton fils, en disant : c'est à cause de ce que l'Eternel a fait pour moi, lorsque je suis sorti d'Egypte"). Ainsi le repas de pâques n'est-il pas seulement une coutume, une fête, mais aussi l'occasion d'une sorte de catéchisme fondamental : "en quoi est-elle différente ?" (mah nichtannah ? en hébreu) qui forment ainsi les premiers mots de la Haggadah, littéralement la narration, le récit de pâques. "Par la puissance de sa main, l'Eternel nous a fait sortir de l'Egypte, de la maison de servitude" (Ex 13,14).

Et si nous osions parler avec nos enfants de notre foi, des raisons de nos coutumes, des questions que nous posent la vie ? Le catéchisme "à l'Eglise" aurait un autre visage ! Que souhaitons-nous transmettre à nos enfants ? La foi, avec ses doutes et ses espérances, fait-elle partie de ces "bonne choses" qui nous tiennent à cœur, et dont nous souhaiterions sinon convaincre, du moins informer nos enfants ? "Dis, papa, pourquoi tu vas au culte ?"

 

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